mardi 11 novembre 2008

Acrobatie


Nous allons voir des morses (elephant seal) en fin de journée. Nous marchons pendant plus d’une heure sur le haut d’un plateau. Les morses sont tout en bas, à une trentaine de pieds de nous. Il y en a des dizaines et des dizaines. Au retour, Erik en aperçoit qui jouent ensemble dans l’eau et se dépêche à installer ses trépieds. La caméra vidéo bascule vers la plage. Comme dans un film au ralenti, nous voyons le trépied tomber lentement.

Il nous est interdit de descendre sur la plage en raison du stress causé aux animaux. Imaginez celui de recevoir une caméra sur la tête et l’accueil qui s’en suit . Je tiens à souligner que j’avais peur des chiens avant d’en avoir un. Je n’ai donc pas du tout envie de descendre sur la plage pour rencontrer ces énormes bêtes. Vous allez me dire que c’est lui l’homme, que c’est sa caméra, son erreur et qu’il devrait descendre. Sérieusement, pensez-vous que je serai capable de le hisser pour le ramener sur le haut du plateau. Poser la question, c’est y répondre…



Heureusement, des arbustes isolés absorbent le choc. La caméra est maintenant suspendue dans le vide, retenue temporairement par des branches mortes. Le sauvetage s’exécute rapidement et je soupire de soulagement. La caméra fonctionne bien. Seul le micro conserve une trace de son saut périlleux avant. De son côté, Rico prends toujours des photos. Les morses s’amusent et font de nage synchronisée. Ils recevront une note de 9.7 pour l’originalité de la routine.

Tout coloré


Pour faire changement, nous admirons le coucher du soleil. Celui-ci se distingue par le nombre de couleurs (jaune rose orange..) Même la mer devient mauve.

En tout, nous avons déjà passé plus de 3 jours dans la région. La plupart des gens restent quelques heures en transit entre LA et San Francisco. Ceux qui s’accrochent les pieds sont désormais atteints d’une maladie contagieuse : la big surite aigue. Le seul remède est d’y retourner fréquemment pour soulager la douleur qui s’installe lors du départ.

Dernière journée à Big Sur


Pour saluer notre dernière journée à Big sur, le soleil nous réchauffe dès notre réveil. Nous devons franchir 50 miles mais sommes toujours arrêtés. Je ne sais pas quels muscles sont sollicités par le fait de constamment sortir et entrer du camion mais ils seront assurément courbaturés!

Nous faisons une courte randonnée au Julia Pfeiffer park où nous verrons la seule chute de la côte-ouest américaine se jettant dans la mer. Ce terrain a déjà abrité une cossue résidence. Je ne sais pas si l’argent fait le bonheur mais c’a devait apaiser et consoler d’avoir une telle vue.

J’ai dormi avec Yogi

En 16 ans de vie de couple, je n’ai jamais entendu ça. Je cherche encore les mots pour décrire avec précision ce vacarme ronronnant, tonitruant mais surtout incessant. Mon chéri ronfle à tue-tête. Je le pousse, d’abord tendrement. Peine perdue. Il ne bronche pas. Je crois qu’il hiberne pour les prochains mois. C’a risque d’être long. Comme les fenêtres sont ouvertes, je suis certaine que nous aurons une plainte des voisins et que nous devrons dormir cette nuit à la belle étoile. Pas très réjouissant. Soudain, j’entends quelqu’un à l’extérieur dire : Dont worry, I’ll take care of it. Nous sommes fichus!

Je sais. Après avoir lu mes récits, vous croyez que j’exagère. Eh bien, détrompez-vous. J’ai beau me reposer, l’avocate a toujours les réflexes aiguisés et l’esprit vif. Je comprends que les notions de bruits et de nuisance publique sont subjectives et que ma crédibilité est en jeu. Je dois donc obtenir des preuves tangibles. Mes connaissances vidéos sont limitées. Heureusement, je connais désormais les 2 principaux boutons. Je sors l’appareil soigneusement rangé. Je pèse sur power et ensuite record. Rico devient évidemment silencieux. Trop brève accalmie! Il manque de lumière. Qu’à cela ne tienne, j’allume sa lampe de chevet et continue de filmer.

La bande originale sera détruite sous peu mais, votre honneur, ma preuve est close et le délibéré devrait être court. J’attends maintenant un dédommagement.

lundi 10 novembre 2008

Village de Big Sur


Nous nous rendons ensuite directement sur une plage de galet pour observer mais surtout entendre les sea lion qui se font dorer au soleil.

Il est maintenant 16H00 et nous n’avons franchi que 3 des 150 miles de Big Sur. La chasse au coucher de soleil est vaine. La noirceur tombe vite et nous ne trouvons pas de bon endroit.

Nous couchons près du village de Big Sur dans un hôtel qui ressemble à un spa. Pas de téléphone ni de télévision. Ici, on pense écolo, on mange bio et on écoute de la flûte de pan. Certains dorment profondément.

Point Lobos state park


Le temps se dégage et l’après-midi est ensoleillé. Nous n’avons franchi que 3 miles lors de notre second arrêt au Point Lobos state park. Wow! Nous y ferons de très belles randonnés pédestres. La première nous permet d’observer des pélicans ainsi que la vue sur toute la baie de Carmel.

Nous longeons ensuite des cypress perchés sur le haut des falaises. Nous avons de magnifiques vues sur l’océan. Il fait soleil, l’air est frais (15C) et c’a sent bon. A ma grande surprise, nous croisons des bambis broutant paisiblement. Je n’aurais jamais cru voir ces animaux le long de la mer. Par endroit, la forêt se rend littéralement jusqu’à l’océan.

Village mythique de Carmel


Nos explorateurs urbains reprennent tranquillement du service et redécouvrent le sens de l’émerveillement.

Trop brève excursion dans le village mythique de Carmel où nous avons une bonne pensée pour Catou. Les résidences sont cossues. Les boutiques, galeries d’art et resto abondent. Le règlement d’urbanisme est simple: grand luxe, raffinement et distinction. Ici, il n’y a aucune adresse. Tout le monde se connaît dans cette petite agglomération hors du commun.

Rico a tellement peur que j’utilise ma carte de crédit (pour faire des économies et des points!) que nous filons rapidement le long de la panoramique route 1. Point de départ de Big sur : l’immense plage de sable blanc de Carmel. Même en ce lundi, on y retrouve plein de touristes et de locaux avec leur chien.

dimanche 9 novembre 2008

La Grasse matinée


Ce matin nous faisons la grasse matinée et quitterons l’hôtel vers midi. Le temps est maussade. Comme c’est souvent le cas sur le bord de la mer, le vent chasse les nuages. Nous nous dirigeons vers Monterey. De là, nous longeons la côte en direction de Pacific Grove (petit village comparable à Carmel il y a une vingtaine d’années). Ici, on célèbre la dolce vita et nous adhérons à ce nouveau mode de vie qui fait contraste avec la chasse incessante aux images des derniers jours. Nous prenons avec plaisir notre premier lunch au resto depuis notre départ.



Les amoureux empruntent d’agréables promenades le long de la mer. Les gens profitent du plein air le dimanche. Nous regardons les pélicans et profitons du bon vent. Nous rentrons tôt au motel pour décidément faire le plein d’énergie.

samedi 8 novembre 2008

Pas un seul hôtel de disponible


Erik décide de prendre le volant et de poursuivre la route. Quelle bonne idée! Nous sommes samedi et il y a un marathon le long de la côte. Il pleut et le brouillard s’installe. Pas un seul hôtel de disponible. Nous devrons faire plus de 160 miles pour nous loger.

Nous voici maintenant à Monterey au nord de Carmel! Devant notre désespoir, une bonne samaritaine fait des appels pour nous. Nous aboutissons encore plus au nord au chic Howard Johnson. En guise de remerciement, nous réservons immédiatement la nuit du dimanche au motel de notre serviable nouvelle amie.

Journée de transition


La vie est remplie de séparations et de réunions. Marc part rejoindre sa douce à Montréal. Vous aurez compris à la lecture de ce texte que nous avons eu beaucoup de plaisir en sa compagnie. Seul réconfort, Erik et moi restons seuls en amoureux…

Nous poursuivrons notre périple le long de Big Sur. En réalité, c’est un segment de la route 1 qui longe le Pacifique. Toute comme le réputé village gaulois qui refusait l’invasion des Romains, cette région de 150 miles est encore sauvage et refuse tout développement mercantile abusif. St-Simeon et le Hearst Castle constitue l’extrême sud alors que l’extrême nord est la très jet-set Carmel avec ses boutiques de haute couture. Entre les deux, on retrouve 150 miles de bonheur. Il n’y a que quelques motels (généralement sans téléphone ni télévision). C’est c’à l’esprit de Big Sur.

Nous voulons nous rendre à l’extrême nord de sorte que la voiture sera toujours du côté du Pacifique lors de notre descente jusqu’à San Diego. Pour s’y rendre, nous empruntons une morne autoroute. A mi-chemin, de menaçants nuages apparaissent. Changement de cap, nous tournons immédiatement vers le Pacifique. S’il pleut demain, nous visiterons le Hearst Castle. Nous voyons enfin le Pacifique dont nous avons tant rêvé!

vendredi 7 novembre 2008

Mets chinois


Nous croiserons d’autres ours durant l’après-midi en longeant des séquoias. Ces arbres de plus de 2000 ans sont vraiment impressionnants. Le décor est fabuleux et aucun zoo ne peut reproduire un tel enchantement.

Le soleil tombe. J’insiste. Pas question d’emprunter le col initial à la noirceur, nous ferons un détour par l’autre accès. Devant une intersection, je suggère soudain de descendre immédiatement dans la vallée plutôt que de faire un détour par le nord. Quelle bonne idée!!! Cette route est encore plus sinueuse et comporte certainement 400 courbes. Les arbres sont hauts, tout est sombre et le GPS ne capte aucun signal. Marc ne conduit pas, il pilote avec assurance et est en plein contrôle de la situation.



Affamés, nous décidons de rechercher un restaurant chinois. Le GPS nous guide vers un restaurant miteux. Notre chef de la sécurité et de l’hygiène décide de reprendre la route alors que Erik vante les mérites de son appareil. Second arrêt : China’s Alley. Il s’agit en réalité d’un resto mexicain appartenant à Mme China. Nous quitterons après avoir reçu le menu. Troisième arrêt : China Bowl. C’est un fast-food alors que l’on recherche une gentille serveuse au cheveux noirs qui pourra nous accueillir chaleureusement. Décidément, Marc s’ennuie de Bianca. Le quatrième arrêt sera le bon. Pour moins de 30$ nous recevons 3 assiettes king size et repartons avec 3 contenants plein de restants .

Nous poursuivons notre retour en direction de l’aéroport de Los Angeles. L’autoroute est longue et ennuyante.

Yogi, ourson orphelin



Nous redescendons au village pour déjeuner et plier bagage. Deuxième remontée mémorable. La vallée est jaune, le soleil plombe et il fait chaud. C’est dans ce cadre idéal que nous croisons notre mannequin d’un jour affectueusement baptisé Yogi. La routine habituelle est exécutée avec brio. La séance photo dure une trentaine de minutes. J’ai même eu le temps de sortir la caméra vidéo, de trouver le bouton power et ensuite celui record, et ce, sans aucune instruction de Riko trop absorbé par sa tâche. Vous connaissez déjà mes talents de scénaristes, vous découvrirez bientôt mes talents de cinéaste.

Yogi est un ourson orphelin. Instinctivement et à tour de rôle, nous avons fait le guet pour trouver sa maman. Elle n’est jamais apparue. Yogi n’est pas farouche et est attiré par la présence d’un carnivore bipède étrange appelé le photographe. Cette espèce québécoise hors du commun migre généralement vers l’ouest durant le mois de novembre.

Yogi s’approche nonchalamment à une quinzaine de pieds de Marc. Il est sur le point de lui lécher les bottines. Le directeur de l’escouade canine ne bronche pas. Un dialogue s’installe entre l’homme et la bête. Il faut que Yogi soit suffisamment intrigué pour se dresser sur 2 pattes et rester figé mais pas trop apeuré pour qu’il retourne dans la forêt.



Soudain, Yogi se dirige d’un bon pas vers Marc. Conscient du danger, ce dernier fait un pas derrière, perd pied et recule sans arrêt (pour reprendre l’équilibre, bien sur). Comme une image vaut mille mots, vous pourrez voir la séquence vidéo à notre retour)

Yogi rentre finalement dans la forêt et les photographes, comblés, regagnent leur camion pour regarder leurs clichés.

Sequoia National Park


Nous quittons tôt ce matin pour un dernier lever du soleil avec Marc. L’accès au parc est une route spectaculaire comportant plus de 300 virages dont plusieurs sont en épingle. Soudain, Julie lâche un cri. Un ourson et sa maman! Riko sort du camion pendant qu’il roule encore. C’est la pénombre et la lumière n’est pas idéale mais les gars sont heureux. Quelques courbes plus loin, nous en croiserons un troisième qui traverse la rue. Nous lui cédons le passage. Un petit suit derrière.

Je prends une pause pour vous expliquer le rituel qui s’impose en pareilles circonstances. Le mot de code est 100-400. Quand un de nous trois hurle ces mots, Marc freine brusquement et nous sommes tous projetés vers l’avant. Avec la précision et l’anticipation d’une infirmière de chirurgie, je tends les caméras qui sont derrière à leur destinataire. Elles sont identiques mais je n’ai pas le droit à l’erreur. La situation est trop grave et chaque seconde compte. Erik fonce droit devant. Je donne à Marc sa lentille 100-400 soigneusement rangée dans son étui et l’assiste à toute vitesse dans la délicate opération de changer de lentille, enlever le cap et installer le pare-soleil. Marc fulmine toujours en sortant du camion et va devancer Rico. Pour ma part, je prends avec lâcheté les clés restés dans l’ignition. Si mes deux amis servent de lunch à nounours, je pourrai me sauver dans le camion (pour aller chercher de l’aide, bien sur…)

Au feu !


Nous repartons de nouveau. Soudain, une odeur de feu de camp nous rejoint. Après le ciel, le sol est maintenant rouge. La vallée est parsemée de foyers d’incendie. Nous ignorons à ce moment l’origine, l’étendue et la cause du brasier. Nous sommes isolés dans notre Mountaineer. Aucun véhicule devant, ni derrière. Aucun service téléphonique. Sommes-nous véritablement encerclés par la menace incendiaire ? L’air est sec et la fumée s’intensifie. Au péril de leur vie et munis de précieuses bouteilles d’eau achetés chez Wal-Mart, les gars sortent leur caméra et font quelques photos. Vous aurez compris que nous sommes sains et saufs. Quelle est l’explication ?

jeudi 6 novembre 2008

Une commandite de Coca Cola


A regret, nous quittons Yosemite en direction Sequoia National park. Nous n’avons franchi que quelques kilomètres avant de nous arrêter de nouveau. Le géant américain Coca Cola a commandité un ciel à couper le souffle. Une infinie bande d’un rouge intense illumine le ciel. Plusieurs conducteurs suivent notre exemple et garent leur voiture. Certains d’entre eux ont l’audace de prendre des photos de leur appareil cellulaire. D’autres projettent leur flash vers l’infini et quittent en vitesse. Marc est mis à rude épreuve et se retient d’aller leur offrir des cours de photo. Une nouvelle session débute d’ailleurs en janvier.

I saw a bear !!!


En après-midi, nous faisons une randonnée pédestre au mirror lake. C’a fait du bien de bouger et de ne pas rester accroché à nos trépieds. Au retour, nous croisons une fillette de 5 ans qui répète sans cesse : I saw a bear!!!. Nous l’avons manqué d’une dizaine de minutes… Les gars sont véritablement jaloux et irrités par cette petite qui est si fière

Nous remontons vers Tunnel View pour voir le coucher du soleil. La montagne devient littéralement rose pour ensuite s’éteindre. Le ciel deviendra rose à son tour. C’est moins impressionnant que la veille mais la vue de ce belvédère perché au haut de la montagne est un incontournable

A la recherche de Yogi


Le soleil apparaît déjà à l’horizon. Conduit par Marc et guidé par Erik, nous tournons dans les campements à la recherche de Yogi. Désespérée et d’une façon toute féminine, je soupire et lève les yeux au ciel. Je découvre un arc-en-ciel au sommet de la chute!

Déjeuner rapide puis nous plions bagages. Il fait environ 12C. Le soleil plombe et le ciel est bleu Pepsi. Nous sommes au centre d’un amphithéâtre de granit gris fissuré de chutes blanches et sillonnons la vallée sans relâche à la recherche de toute faune animalière. Marc libère son trop plein d’énergie sur des woodpicker qui creusent inlassablement un arbre.

Notre seule déception est de ne pas pouvoir accéder à la haute montagne. On annonce des précipitations ce week-end et les autorités ont décidé de ne pas déblayer cette route hautement panoramique. Je présume que c’est une bonne raison de revenir… Selon vous, est ce que j’ai vraiment besoin d’une bonne raison pour planifier un voyage?

mercredi 5 novembre 2008

Half Dome


Dans l’intervalle, nous nous installons sur le pont menant au Yosemite village pour regarder Half Dome et le coucher du soleil. Le ciel est couvert. La lumière est diffuse et change constamment. Des acolytes photographes viennent nous rejoindre et nous conseillent de ne pas nous déplacer : Tout est possible au pays de yogi ! Ils ont raison.
Ce seront ces mêmes nuages qui causeront le spectacle. Les rayons du soleil réfléchissent et le Half Dome devient soudainement orange.

Nous sommes ébranlés par ce spectacle et envoûtés par ce parc. Nous décidons de coucher dans la vallée enchanteresse. Pour des raisons de sécurité évidentes (pardons ividentes), nous devons vider l’auto et ne laisser aucune trace de nourriture. Prenez le temps de vous arrêter pour imaginer la situation. Si vous croyez qu’une fille a beaucoup de valises, c’est que vous n’avez jamais voyagé avec 2 photographes gourmands. Je dois souligner que notre charmant colosse Marc s’est toujours acquitté de cette tâche et que je n’ai pas eu à rouler ma valise. Il faudra voir si Rico fera de même après son départ.

Comme tous les petits vieux, nous avons compris que la seule façon de se lever tôt est de coucher tôt. Marc a particulièrement bien assimilé sa leçon. C’a fait 2 soirs qu’il se couche bien avant 9 heures et qu’il ne boit pas la bouteille de vin soigneusement choisie. C’est inquiétant. Nous cherchons la véritable explication

a) Marc nous trouve ennuyants
b) Marc s’ennuie trop de Bianca
c) Marc vieillit mal
d) Toutes ces réponses sont bonnes (sauf A)

Les paris sont ouverts, faites vos jeux

(cliquez sur le mot « commentaires » sous le texte et écrivez votre réponse).

Le Pays de Yogi


Nous poursuivons notre route vers Yosemite et franchissons d’impressionnants cols. L’Europe n’a pas l’exclusivité de ces routes sinueuses et dangereuses. Le précipice est bien réel, la vue est impressionnante et oncle sam a économisé l’acier en négligeant d’installer des garde-fous. Il faudra s’adresser à Barak pour du changement.

Arrivés à destination, les gars se fixent un objectif ambitieux soit celui de photographier Yogi l’ours. Le temps est doux et il cherche de la nourriture près des campements avant d’hiberner. Marc mène son enquête et cherche des précieux indices et témoignages.

mardi 4 novembre 2008

Route 88

Nous poursuivons notre route vers le nord et longeons l’impressionnante chaîne de montagne Sierra à notre gauche. Il s’agit d’un véritable mur rocheux. Tout est jaune dans la vallée alors que les sommets des montagnes sont blancs. Nous croisons à l’occasion des troupeaux. Malheureusement, nous n’avons pas rencontré de beaux cow-boy sur leur monture.

En fin d’après-midi, nous croisons enfin une route ouverte qui traverse les montagnes à plus basse altitude soit environ 8500 pieds et non 11000 pieds comme la Tioga pass.

Au sommet, nous longeons des bancs de neige et sommes frappés de plein fouet par quelques flocons. Je tiens à préciser que notre super bolide est immatriculé en Floride. Il ne connaît pas la neige, n’est muni d’aucun instrument adéquat et rempli d’huile à moteur ne résistant pas au grand froid. Heureusement, le chauffeur québécois est doté d’une grande expérience et conduit avec brio.

En route, nous croisons une voiture qui est littéralement prise dans la neige. Ayant retenu la leçon de Chantal Lacroix, nous rebroussons chemin pour donner au suivant. Ils ont cassé leur pelle en plastique et font spinner les roues à grande vitesse. Les gars reprennent leurs directives ambigues et je m’installe sagement avec eux derrière le pare-choc. La deuxième tentative sera la bonne. Nous reprenons notre chemin sans avoir reçu le moindre pourboire ni même un seul billet de 1$.

Bodie - Ghost Town


Nous nous rendons ensuite à Bodie, véritable village fantôme protégé par le gouvernement californien. Il y a des dizaines de bâtiments dans un décor digne d’un film du far west. Marc jubile même s’il cherche un peu son souffle en raison de l’altitude.

June Lake


Nous allons ensuite déjeuner à June Lake. Quel bonheur. Ce petit lac au pied des montagnes donne vie à un village alpin chaleureux. Le déjeuner est un véritable festin. Les gars se gavent et promettent de ne rien manger d’autre de la journée. Qu’en pensez-vous ?

Mono Lake


Départ tôt pour le lever du soleil. Avec toutes nos pelures d’oignons, nous ressemblons au bonhomme Michelin. Mono Lake est un lac plus salé que l’océan d’ou on peut apercevoir des pics qui montent vers le ciel. C’est comme voir une grotte aquatique. Etrange et surprenant. Le soleil réchauffe les pics qui deviennent soudainement dorés. C’a n’a duré que quelques secondes mais c’était hallucinant.

lundi 3 novembre 2008

Lee Vining

Grande déception, les précipitations dans le désert (0,1po) sont malheureusement tombées en neige plus abondantes dans les montagnes. La Tioga Pass (seule route qui traverse Yosemite park d’est en ouest est fermée). Nous devrons nous résoudre à faire une grande loupe. Fini la chaleur et le soleil nous quittons franc nord en direction de Mono Lake.

Les hommes sont d’éternels optimistes et demeurent en vêtement d’été. Nous devons faire un détour en raison des accumulations de neige mais Rico arrive à la destination en bermuda. Conclusion. Peu de photos du coucher du soleil!

Nous arrivons à Mono Lake en début de soirée. Il n’y a qu’un resto d’ouvert. Nous nous couchons très tôt pour faire le plein d’énergie. Le vent à l’extérieur nous joue un concert hallucinant. Il fera environ -10 C cette nuit avec le facteur vent. Ce pays est plein de contraste.

Death Valley - Dernière journée


Les gars quittent pour le lever du soleil à Zabrinskie Point alors que je travaille sur l’ordinateur. Notre dernière journée à Death Valley est consacrée aux incontournables attraits touristiques : Badwater (lac asséché sous le niveau de la mer comportant des croûtes de sel). Artist Drive avec ses couleurs pastelles. Le soleil plombe. Il fait près de 24 Celsius et tout va pour le mieux. Nous devons à regret quitter le désert.

dimanche 2 novembre 2008

Death Valley - Devils Corn Fields


Nous entreprenons ensuite une longue randonnée de camion en sillonnant les cols et les falaises brunes. Un premier coyote vient nous saluer. Nous prendrons ensuite quelques clichés dans la vallée des Blés d’Indes du Diable (Devils Corn Fields). Nous rejoignons finalement les touristes au populaire Zabriskie point pour observer le coucher du soleil. Le spectacle en vaut le coup.

Death Valley - Darwin Falls


Nous tentons de nouveau de sortir des sentiers battus. Ce lieu est une oasis de verdure dans cet immense désert de roche. Etonnant! La randonnée de 15 minutes selon la jolie serveuse prendra environ 1 heure aller. Le ruisseau longeant la falaise est bordé de haute végétation. Tout comme Indiana Jones nous devons nous frayer un chemin dans la brousse.



A quelques reprises, nous devons traverser le fougueux cours d’eau en marchant sur des roches ou des billots de bois. Les trépieds deviennent de précieuses cannes pour prendre appui. Rassurez-vous, personne n’est tombé dans l’eau ! Marc s’accroche littéralement aux parois rocheuses pour poursuivre son chemin. Inutile de continuer.



Nous devons faire demi-tour. Quelle déception. Nous n’aurons vu qu’un faible dénivelé de 2 pieds dans le ruisseau. Mes cours de géographie sont loin, mais je demeure convaincue que ce n’est pas ça une chute! Nous apprendrons à notre retour qu’il y a véritablement 7 chutes et que c’est plus difficile de trouver la véritable trail dans cette végétation que de s’y rendre…

Death Valley - Les Dunes de Sables

Nous quittons très tôt pour notre premier lever du soleil. Nous nous rendons ensuite aux dunes de sable. Rassurez-vous, nous explorons le tout à pied. Les gars posent leur trépied à mi-chemin et je continue seule. On se croirait dans le Sahara si ce n’est des montagnes au loin. Ni de mirage ni désydratation. Très belle excursion.

Beatty, Nevada

Beatty, Nevada

Petite ville de 3 hôtels à l’entrée de death valley. Aujourd’hui, c’est la foire annuelle. Il n’y a donc aucune chambre de disponible. Nous devrons traverser le parc pour nous rendre du côté ouest. En route, le silence s’installe. Des gouttes apparaissent sur le rétroviseur. Ce désert reçoit moins de 2 pouces d’eau par année mais il a plu à notre arrivée. 0,1 pouce. Incroyable mais vrai!!



Brève visite du village fantôme de Rheolyte. Marc fait une rencontre avec les esprits du coin.

samedi 1 novembre 2008

Big Dunes

1er arrêt : Big dunes sur la route de death valley. Nous quittons la route pavée et apercevons un camping bordé de camping-car. Les américains sillonnant les dunes sur des légers « dune buggy ». Cool. Nous faisons du hors-piste entre les arbustes pour aller les rejoindre. Marc annonce soudainement : pas question d’arrêter, c’est mou. Il faut retourner vers la grand route.
C’est une bonne décision, mais tardive et précipitée. Marc tourne trop sec pour faire demi-tour et nous voici enlisés dans le sable… Indiano Jones et son accolyte examinent la situation. Ce ne sont pas des sables mouvants. Pas besoin de sauver les canons.
1ere option : activer le four wheel drive! Quand 2 gars lisent le manuel d’instruction d’un camion, c’est assurément pcq c’a ne va pas bien! Conclusion : notre gros engin shoot à blanc : c’est un 2 roues motrices…

2e option : pousser. Julie prend le volant et les gars s’installent derrière. Uuuuun-deuuuuuux- flop! c’a bouge à peine. Pause santé requise. On reprend son souffle et on arrête ce fou-rire qui s’installe. Les gars reprennent leur série de recommandations : donne un coup solide sur le gaz mais pas trop… une fois sortie, tu fais demi-tour juste assez large mais pas trop … Comme dirait l’autre Julie, c’est Ivident!

Concentrée, je laisse la pression s’abattre sur moi. Mes colosses s’installent derrière. J’agrippe le volant et exerce une pression soutenue sur le gaz.
HOLA on arrête tout. Le front plissé, Marc s’interroge. La roue n’a même pas bougé! Celle d’érik, non plus… un constat s’impose: Julie est restée sur le park. Dorénavant, il y a les dumb blondes et les curly brown!

Après un rire incontrôlé, il ne reste qu’une troisième option : trouver de l’aide et masculine de préférence! Le sémaphore des gars vers les biker en dune buggy demeurent vain. Le désespoir s’installe. Les gars envisagent d’enlever leur chandail et moi je tiens le mien serré sur ma poitrine

Quatrième option : Marcher pour aller chercher de l’aide au camping. Après avoir perdu à la courte-paille marc nous abandonne. Nous restons sur place. L’aide arrive. Les gentils motards tentent de nous tirer avec leur 4 roues. Peine perdue. Il faut du renfort. Marc arrive avec le camion et des chaînes. Erik prend le volant; 8 motards et 2 photographes poussent; 1-2-3 c’a y est. Nous sommes sortis du premier coup.

Je tiens à rassurer Mme Palin. Les valeurs d’entraide de l’Amérique profonde existent toujours. Les bikers du nevada ont fait la différence et les voisins du nord en sont reconnaissants. Notre chef de la sécurité prend la tâche en main et sort l’autre de sa poche. Les billets unis de l’oncle sam apparaissent… non non non ils ne veulent rien.. nous leur disons de prendre un verre ce soir en riant de nous… Marc lance un tas de billets et nous nous précipitons dans le camion. Heureusement, parce que nous leur avons laissé 10 gros billets de un dollar!!!

L’objectif du retour est simple : rester sur la terre ferme en suivant les traces de 4 roues Le problème, c’est qu’il y en a partout. Notre copilote répète sans cesse. PAR là non non PAS là, PAR la !!! Décidément, c’est pas IVIDENT. Comme on ne doit absolument pas freiner, Riko fait des cascades sans rien ménager. Tout saute et la glacière en stiro-mousse craque. La glace continue de fondre. Nous découvrirons l’inondation en fin de journée.
Nous arrivons sains et saufs à Beatty pour luncher et trouver l’hôtel.